Achille – Zouave pontifical (1826 – 1862)

Achille Bligny 1826-1862: Campagnes d’un paysagiste romantique normand (2020)
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Achille – Zouave pontifical (1826 – 1862)

Achille voit le jour en 1826 dans une famille de notables cultivés. Un père, Pierre-Louis, notaire, premier adjoint du maire de Rouen Adrien-Charles Deshommets de Martainville, une mère Rosalie née Gratien attentive à ses cinq enfants. Brillantes études en internat au Collège royal, actuel lycée Corneille, puis Droit à Paris. Il devient avocat. Au bout d’un an, toujours célibataire, il délaisse son cabinet pour plonger corps et âme dans sa passion de toujours ; le dessin, l’illustration, appris aux côtés d’Eustache Berat. Il sillonne la Normandie, s’attarde devant les architectures anciennes de Dieppe, Étretat et Rouen, puis élargit son horizon pendant une décennie.

Le patrimoine monumental

« Il pratiquera son art en amateur, explique Diederik Bakhuys (Historien de l’art et conservateur au Musée des Beaux-Arts de Rouen), commissaire de l’exposition. À rebours d’une culture savante qui a pendant des siècles privilégié une architecture inspirée de l’Antiquité classique, la sensibilité romantique réhabilite le pittoresque des constructions du Moyen Âge et de la Renaissance. Achille Bligny s’attache à décrire ce patrimoine monumental alors très dégradé et qui parfois disparaîtra lors des transformations urbaines de la seconde moitié du XIXe siècle. Il parcourt sa ville natale en dessinant Saint-Ouen, la cathédrale, la rue du Gros-Horloge, la Maison des mariages. Il rapporte des moissons de croquis de ses déplacements à travers la Normandie, l’Angleterre, la Belgique, l’Allemagne et l’Italie, en adressant des descriptions illustrées à plusieurs revues comme la Semaine des familles ou le Magasin pittoresque ».

Livre disponible sur demande : Achille Bligny 1826-1862: Campagnes d’un paysagiste romantique normand (2020) Livre relié – 18 janvier 2020- édition française  de Noël Coret (Auteur), Bruno Delarue (Auteur), Francis Bligny (Auteur)

Achille Bligny — Le regard et la route

Achille Bligny naît en 1826 dans une famille où l’on respecte le savoir et l’ordre des choses. Son père, Pierre-Louis Bligny, est notaire, premier adjoint du maire de Rouen, figure reconnue de la vie civique. Sa mère, Rosalie, née Gratien, veille sur une fratrie nombreuse avec cette fermeté discrète propre aux maisons où l’on croit au travail et à l’éducation.

L’enfant grandit entouré de livres et de rigueur. Il entre au collège royal de Rouen, futur lycée Corneille, où il se distingue par une intelligence vive et une sensibilité déjà tournée vers l’observation. Tout semble le destiner à une carrière honorable : le droit, la stabilité, l’inscription dans la continuité familiale.

Il suit d’ailleurs cette voie — brièvement.
Il étudie le droit à Paris. Il devient avocat.
Mais très vite, quelque chose résiste.

Car depuis l’enfance, un autre regard l’habite : celui du dessinateur. Le trait, la ligne, la lumière l’appellent davantage que les textes juridiques. Il quitte le barreau sans éclat, sans rupture spectaculaire, pour suivre ce qui l’habite vraiment. Il se forme au dessin auprès d’Eustache Bérat, et commence à parcourir les villes, les campagnes, les routes.

Il dessine ce que d’autres traversent sans voir.

À Rouen, il s’attarde devant Saint-Ouen, la cathédrale, la rue du Gros-Horloge, la Maison des Mariages.
Il capte les pierres usées, les proportions, les ombres, les détails promis à disparaître.
À une époque où l’urbanisme moderne s’apprête à transformer les villes, il saisit ce qui est encore debout, fragile, menacé.

Son regard n’est pas monumental, mais attentif.
Il ne glorifie pas : il sauvegarde.

Ses voyages l’emmènent plus loin : en Normandie, en Belgique, en Allemagne, puis en Italie. Partout, il dessine. Il note. Il envoie des croquis à des revues comme La Semaine des familles ou Le Magasin pittoresque. Il travaille sans bruit, sans ambition de carrière, mais avec une constance rare.

Ce n’est pas un peintre mondain.
C’est un arpenteur du visible.

Et puis vient le basculement.

En 1861, alors que l’Italie se transforme dans la tourmente de l’unification, Achille Bligny s’engage comme zouave pontifical. Le geste surprend. L’artiste devient soldat. Mais il ne s’agit pas d’un reniement : plutôt d’un prolongement. Il défend ce qu’il croit menacé — un monde, une foi, une forme d’équilibre.

Il part.
Il ne reviendra pas.

Il meurt en 1862, à trente-six ans, à Marino, près de Rome, probablement de maladie. Il est enterré au cimetière du Campo Verano. Ses carnets, ses dessins, ses paysages restent.


1 réflexion au sujet de « Achille – Zouave pontifical (1826 – 1862) »

  1. Hello Orphée !
    Bravo ! Belle avancée pour le site !!
    C’est super l’affichage du livre, c’est très vivant !
    Et pouvoir laisser un commentaire, c’est top !!

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